2018-05-23
Gérant d’actifs ou investisseur institutionnel, vous envisagez de changer de dépositaire ou de valorisateur? Cela tombe bien. Nous venons d’accompagner une société de gestion d’actifs à opérer cette transition. En prenant soin de 9 points essentiels, vous devriez également effectuer ce changement sans encombre. Quels sont ces éléments clés, pourquoi sont-ils primordiaux, et comment les vérifier? Réponses immédiatement.
1. La centralisation des souscriptions-rachats

La première question à vous poser est la suivante: votre nouveau partenaire est-il seul centralisateur, ou bien êtes-vous co-centralisateur ou pré-centralisateur? Au-delà de l’impact que cela peut avoir sur les prospectus des fonds, cette donnée implique également différentes contraintes opérationnelles, dont la plus importante est quand et comment serez-vous averti des souscriptions-rachats estimées et/ou valorisées?

2. Les calendriers de valorisation

Assurez-vous ensuite de la bonne gestion des calendriers de valorisation. En fonction des pays, les jours considérés comme fériés ne sont pas les mêmes. Et au sein d’un même pays, comme la France par exemple, ce statut peut différer d’une entreprise à l’autre. Alors certes les calendriers font partie des prospectus AMF mais il vous revient de vérifier qu’ils ont été correctement configurés chez vos prestataires. Quels jours déclarez-vous donc fériés et non fériés?

3. La transmission de vos ordres au dépositaire et au valorisateur

Par quel moyen de communication allez-vous informer votre valorisateur des ordres que vous passez: par swift, par ftp, par fax, par pigeon voyageur? Il est très important que vous définissiez dès le départ et de manière claire ce mode de communication. N’oubliez pas que derrière, il va falloir matcher les ordres avec les contreparties, alors en envoyant un récapitulatif de vos ordres par mail à 18h00, n’espérez pas les voir apparaitre dans votre VL le lendemain…

4. La confirmation des ordres par les contreparties

Lorsque vous passez un ordre, vous en informez votre dépositaire mais la contrepartie doit également lui envoyer une confirmation. Il va donc vous falloir prévenir l’ensemble de vos brokers habituels du changement d’interlocuteur. La plupart des contreparties sont déjà en relation avec les grandes sociétés d’Asset Servicing ; néanmoins, chaque setup est différent et nous vous invitons à tester soigneusement les différents cas de figure (ordres bloc, propagation des préallocations…). Par défaut, un ordre non matché ne descend pas en valorisation et personne n’a envie de découvrir le jour de la bascule que ses ordres doivent tous être matchés à la main et par conséquent, rentreront dans les VL avec deux jours de retard.

5. Les contrôles dépositaires

Quels contrôles le dépositaire opère-t-il: sont-ils réglementaires et statutaires? À quel moment sont-ils réalisés? Comment êtes-vous averti des dépassements? Et de combien de temps disposez-vous pour les régulariser? Peut-être votre valorisateur propose-t-il également une prestation de contrôle et se pose alors les mêmes questions. Il serait intéressant d’échanger avec lui sur cette question.

6. La définition des cours de valorisation

Six, Bloomberg… Il existe de nombreux providers de données. Définissez une pricing policy couvrant l’ensemble des types de produits que vous gérez. Malgré tout, vous souhaiterez probablement contrôler quotidiennement les cours avant le calcul des VL? Dans ce cas, quelle est la procédure à effectuer pour forcer un cours? Mettez-vous également d’accord en amont avec votre valorisateur. Peut-être existe-t-il certaines contraintes horaires ou techniques à identifier.

7. La réponse aux opérations sur titres

Evidemment, les tombés de coupons ne poseront pas de problème, mais quid des ost optionnelles: comment en serez-vous averti et comment y répondrez-vous? C’est une question cruciale que vous devez également vous poser.

8. Les règles de valorisation

On pense souvent à tort que valoriser un fonds est trivial. Certes les calculs en eux-mêmes n’ont rien de compliqué mais il existe une multitude de paramètres à définir au préalable. Nous avons déjà parlé des pricing policy mais quid du cas particulier des produits monétaires court terme: les linéarisez-vous? Et qu’en est-il des mouvements: doivent-ils être pris en compte en date de transaction au risque de devoir corriger la VL suivante avec une opération d’ajustement ou bien doivent-ils être pris en compte en date de règlement?

9. Les données émises par le dépositaire ou le valorisateur

Dernier élément essentiel, et pas des moindres: définir le format des documents transmis par votre valorisateur ainsi que le canal de communication utilisé. S’agit-il de fichiers PDF ou d’un format plat? Vous sont-ils envoyés via une ligne sécurisée ou est-ce à vous d’aller les chercher? À quelle fréquence vous sont-ils envoyés: une fois par semaine, une fois par jour ou en temps réel? C’est un point important si vous souhaitez les intégrer automatiquement dans vos systèmes. Là encore, il est primordial que vous définissiez de manière claire avec votre valorisateur les modalités de récupération des données.

 

Félicitations! Vous connaissez désormais les 9 éléments essentiels à maîtriser afin d’opérer en toute sécurité votre changement de dépositaire – valorisateur.

Vous souhaitez en savoir d’avantage sur un point en particulier ou bien, sur les écueils que nous avons tantôt évités tantôt surmontés lors de ce type de transitions? Nous serons ravis de pouvoir vous aider et répondrons à toutes vos questions, par téléphone ou autour d’un café.


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