2017-09-18

Bloomberg est-elle une FinTech ?

Des définitions de FinTech vous en trouverez autant qu’il y a de boites qui s’en revendiquent. Du générique « société d’informatique dédiée à la finance » au plus spécifique « startup disruptive du secteur bancaire ».

Cela a donné (et donne encore) de nombreux débats sur qui a le droit de se revendiquer FinTech. Bloomberg est-elle une FinTech ?

Pour ma part je dis oui. Sinon, on peut déjà considérer que Lending Club, Alipay, Leetchi et autres consorts ne seront plus des FinTech dans 10 ans, car elles seront devenues trop vieille. Pour être une FinTech faut-il être une midinette de moins de 20 ans ?

Un peu d’histoire

En 2013, je travaillais dans les technologies financières depuis 10 ans, et cela faisait une bonne année que je mûrissais mon projet de FinTech. Tout naturellement, j’étais là aux premiers meetup organisés par Julien et James (2014). Nous étions une vingtaine dans la salle. Le Crowdfunding faisait office « d’ancien » et ça parlait principalement de Trading. Pourquoi ?

  • le trading reste la partie de la finance la plus sexy !
  • la grande majorité des gens avaient une expérience Sell-Side (un secteur qui avait beaucoup dégraissé peu avant)

Trading au sens large, puisqu’on y parlait analyse de marchés/tendances avec des technos de Big Data, des algos d’IA … tout cela afin de passer les ordres aux meilleurs moments et faire fructifier au mieux un book. Certains appelaient ça de l’allocation ou de la gestion d’actifs… ce sera l’objet d’un prochain billet je pense 😉

Autant dire que je me sentais seul, moi qui venais du Buy-Side, qui faisais du BtoB et de surcroît qui ne m’intéressais pas spécialement au trading 🙁

Seconde vague

Par la suite, la communauté s’est agrandie et courant 2015 tout le monde avait déjà entendu parler de FinTech. Nos nouveaux « compagnons » étaient alors en grande partie des étudiants ou des jeunes diplômés.

  • développeurs avides de remplacer les banques, ces sociétés infâmes, par des startups au service du peuple. (Je ne parle même pas de l’espoir libertaire tiré par l’émergence de la Blockchain…)
  • financiers forts de leurs nouveaux savoirs qui voyaient bien comment modéliser des marchés et battre les plus gros hedge funds en utilisant des nouvelles technologies.

Bizarrement les nouveaux venus ne m’ont pas aidé à me sentir moins seul mais plutôt a réaliser que j’avais des poils blancs dans la barbe 😐

Mainstream

Et puis 2016 sonna l’heure de gloire. Tout le monde s’intéresse désormais aux FinTechs et le domaine est tellement vaste que l’on crée des spin-off : regtech, insurtech…

Avec la gloire vient également la maturité :

  • Tu as beau être digital, si tu fais le boulot d’une banque c’est que tu es une banque (le patron de Fidor le dit lui-même: il est un banquier)
  • Le trading algorithmique existe depuis fort longtemps et si cela avait été si simple à modéliser, il n’y aurait plus de gestion traditionnelle depuis belle lurette.
  • Les robo-advisor c’est gentil mais qui est prêt a leurs laisser gérer ses sous ? Madame Michu a horreur des marchés et préfère son matelas ou son livret A. Quant à moi, j’ai le sang glacé depuis que les quelques robo-advisors que j’ai consultés m’ont informés que si je plaçais 100% de mes économies sur le marché actions pendant 10 ans je n’aurais que 2% de chance de perte… C’est bien les modèles avec une profondeur d’historique de 5 ans, ça évite de devoir se rappeler 2007-2008…

Moralité la majorité des FinTech initialement BtoC sont devenus BtoBtoC.

Du coup je me sens un peu moins seul 😉


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